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Camel
Pays : England Genre : Rock Progressif Symphonique Dates : 1972 URL : cliquez ici
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- Camel a été consulté 87228 fois - Camel a une moyenne de : 8.04 sur 10 - Camel a 529 note(s) et 54 critique(s) - Camel est classé : 511 eme
Source / Auteur : AmarokProg Date : 10/04/2003 Nb consultation : 14402
En 71, le groupe « The Brew » composé de Andy Latimer (guitare et flûte), Doug Ferguson à la basse et Andy Ward aux baguettes, sévit déjà depuis quelques temps sur la scène blues anglaise. Mais le trio cherche de nouvelles sensations qui leur permettraient de dâexprimer pleinement leur potentiel créatif. Câest ainsi quâils rencontrent lâorganiste Peter Bardens. Ce dernier a déjà produit deux albums solo et sâest fait un nom en accompagnant notamment Rod Stewart, Van Morrison et le duo Peter Green / Mick Fleetwood (futurs Fleetwood Mac). En octobre de la même année, câest sous le nom du « Peter Bardenâs On » que la nouvelle formation entame leur première série de concerts à Belfast avant de se décider pour un nom de scène plus évocateur : Camel. Peu à peu, les concerts se peaufinent et le bouche à oreille faisant le reste, les salles se remplissent peu à peu. LA société MCA qui a vent de ces petits jeunes pleins de talent décide de les signer pour un premier album éponyme qui paraît en 1973. Comme sur scène, leur musique attire immédiatement lâoreille, par une sophistication mélodique propre au progressif, mais avec une facilité dâécoute qui les démarque des concepts parfois plus alambiqués de lâépoque. Malgré des musiciens remarquables, Camel nâessaye jamais de combler un manque de créativité derrière un enchevêtrement de technicité sans âme à la cacophonie pseudo-existentielle. Au contraire, dans la lignée dâun Genesis symphonique, ils intègrent volontiers une flûte intimiste aux compositions volontiers planantes, et ne cachent pas non plus leurs influences jazzy à la manière de Caravan. Avec toutes ces qualités, lâalbum ne rencontre pas le succès attendu et MCA préfère lâcher lâaffaire. Decca Records prend le relais pour un second opus qui vient affirmer tout le talent dâun quatuor décidément étonnant. « Mirage » (74) reste aujourdâhui encore dans les annales pour sa pochette qui nâest pas sans rappeler le paquet de cigarette du même nom⦠cela vaudra quelques ennuis au groupe, soupçonné de faire lâapologie du fabriquant. Mais au delà de ces aspects mercantiles, Camel nous livre une galerie de tableaux transpercés dâenvolées lyrique. La faute à Andy Latimer dont la guitare aérienne se rapproche de plus en plus dâun David Gilmour ou dâun Mike Oldfield. Le même sens du rêve habite un jeu tout en finesse et impeccablement maîtrisé avec un son unique enrobé dâune fragile délicatesse. Toutefois, la singularité de Camel ne parvient toujours pas à les faire sortir de lâombre. Décidés à passer la vitesse supérieure, les musiciens louent un cottage à Devon et sâisolent pour produire en un mois seulement lâadaptation du récit « The Snow Goose » (les aventures tragiques du solitaire Rhayader qui recueille une oie des neiges blessée). Il sâagit dâun album purement instrumental (à lâexception de quelques passages fredonnés par Latimer) qui deviendra rapidement un classique incontournable, déployant des mélodies séduisantes renforcées par un romantisme bienvenu. Grâce à cet album conceptuel, Camel rencontre enfin le succès en Grande-Bretagne. « The Snow Goose » grimpe dans le top 30 des ventes et le groupe est élu dans la foulé « meilleur espoir 1975 » par lâhebdomaire musical Melody Maker. En 1976 ils reprennent le schéma classique des titres chantés et sortent « Moonmadness » qui deviendra son plus grand succès aux USA (118ème des ventes). Doug Ferguson décide de quitter ses amis, remplacé par le bassiste Richard Sinclair (ex Caravan) auquel sâajoute le fabuleux saxophoniste Mel Collins qui a notamment collaboré avec King Crimson. Pendant lâenregistrement de lâanecdotique « Rain Dances » (77) les relations entre Bardens et Latimer se détériorent et arrivent à un point de non retour après la sortie de « Breathless » en 78. Malgré la réussite de lâalbum, lâorganiste décide de quitter à son tour le groupe pour se plonger dans une carrière solo en demi teinte. Les claviéristes Kit Watkins (Happy The Man) et Jim Schelhaas (Caravan) le remplacent alors que David Sinclair laisse sa place à Colin Bass. Un double album public « A live record » sort la même année et délivre le meilleur du groupe avec notamment lâintégralité de « Snow Goose » dans une version que lâon peut préférer à lâoriginal. Mais la vague punk bat son plein et le progressif est mis aux oubliettes par les journaleux à la mode. Les ventes sâen ressentent également et « I Can See Your House From Here » (79) qui ne parvient à attirer lâattention ni de la presse, ni du public sâavère le plus gros échec du groupe. Dépité, Latimer sâen retourne écrire un nouvel album concept « Nude » (81) composé de titres inégaux, il nous offre quand même un final étincelant avec le chef dâÅuvre instrumental « Ice » avec un solo de guitare dâune beauté glacée qui saisie à la gorge. Entre temps, le batteur Andy Ward se blesse à la main et ne parvient plus à assurer son jeu délicat. A contre cÅur, il doit abandonner temporairement sa place à Stuart Tosh. Pendant lâenregistrement de « Nude » dans le studio 3 des célèbres Abbey Road Studios, « The Alan Parsons Project » célèbre groupe de progressif pop édulcoré travaillent de leur côté dans le studio 2 situé à lâétage inférieur. Curieux de nature, le chanteur Chris Rainbow et le bassiste David Paton rendent visite à leurs voisins et deviennent rapidement amis. Ils intègrent officiellement Camel à la fin des sessions. Câest le moment précis que choisi Decca pour mettre la pression sur le groupe et exiger un hit dans les meilleurs délais. Pour y parvenir, le groupe sâentoure de nouvelles collaborations avec Anthony Phillips (Genesis), Francis Monkmon (Sky) et dâinvités de marque comme Simon Phillips (The Who, Jeff Beck, Toto), Dave Mattacks (Fairport Convention) ou Graham Jarvis (Ciff Richard). Peter Bardens lui-même décide de revenir amicalement pour un titre (cela lui permettra de forger quelques amitiés pour son futur projet « Keats »). « The Single Factor » sort finalement en avril 82 et le résultat sâavère logiquement nettement plus commercial et accessible que leurs précédentes productions, le tout dans un style curieusement très proche de⦠Alan Parsons ! Cela nâempêchera pas lâalbum dâessuyer un nouvel échec. Heureusement la tournée qui sâensuit est une véritable bouffée dâair frais pour Latimer et ses compagnons. Le mélange des personnalités est magique et les trois écossais (Paton, Tosh, Rainbow) insufflent un humour salvateur qui fera dire à Latimer : «ce fut la tournée la plus drôle de toute ma carrière ». En octobre, leur manager Max Hole annonce sans explication son départ (apparemment pour une bonne place dans une grosse compagnie). Camel se retrouve seul. Andy Ward qui ne se remet pas de sa blessure sombre dans lâalcool et quitte définitivement le groupe en 83, laissant Latimer seul rescapé de la formation dâorigine ! Cette année noire voit également le début de ses problèmes juridiques. Dâabord avec Geoff Jukes, leur premier manager, qui réclame des commissions non reversées (ce dernier avait abandonné le groupe en 78 lors du départ de Bardens). Latimer se battra durant cinq ans avant que la justice ne se prononce en sa faveur. Decca qui vient de re-signer un nouveau contrat avec Camel est racheté par la compagnie Polygram. Mais le nouvel album est déjà en route. Le groupe sâadjoint les services de Ton Scherpenzeel (Kayak) et enregistre dans la foulée « Stationary Traveller » qui sort en 1984. Les critiques favorables les poussent à se lancer dans une nouvelle tournée qui voit le retour de Colin Bass et le renfort du batteur Paul Burgess (10cc, Jethro Tull). Scherpenzeel ne suit pas ses compagnons quâil quittera par la suite. Nouveaux problème, la sortie du live « Pressure Points » (84) en vidéo. En effet, toute la première moitié est curieusement plongée dans lâobscurité ! Le producteur Mike Mansfield nâapprouvera que la seconde partie laissant Polygram détruire définitivement le reste de lâenregistrement ! Latimer commence malgré tout lâécriture de lâalbum suivant nommé « Dust and Dreams ». Il retrouve également ses anciens compagnons Bardens, Bass et Ward pour porter plainte contre GAMA Records à propos de royalties non versés. Cette affaire sera rapidement jugée en faveur des musiciens. Après 10 années de collaboration, Camel et Decca décident de rompre leur collaboration et Latimer se met à la recherche dâune nouvelle maison de disque. Hélas, son nouveau projet ne rencontre pas lâattention espérée ! Enfin, un petit label : EG Records (qui sâest déjà occupé de Brian Eno, Robert Fripp ou Bran Ferry) semble y prêter attention. Les négociations sont brutalement arrêtées au bout de six mois lorsque ses dirigeants demandent si Peter Frampton fait toujours partie du groupe ! Fatigué par les procès, Latimer vend sa maison de Londres et 1988 et part sâinstaller à Los Angeles. Il fonde son propre label : Camel Productions et se fait installer un studio dans sa nouvelle demeure où il réécrit toute la seconde partie de « Dust and Dreams ». Lâalbum sort en 1992 et Camel y retrouve un second souffle inspiré. Basé sur les raisins de la colère de Steinbeck, les morceaux retrouvent lâinspiration des débuts avec cette touche mélancolique à la fois douce et énergique. Les titres seront intégralement repris dans le magnifique live « Never Let Go » qui sort en 93. Le décès de son père (également musicien) pousse Latimer à se rapprocher des siens et à méditer sur sa propre existence. En 1996 paraît « Harbour of Tears » qui prolonge la veine inspirée du nouveau Camel ! La nouvelle tournée immortalisée en 98 sur le double « Coming of Age » (également en vidéo) sâavère un grand succès et permet au groupe de se produire dans de nouveaux territoires comme la République Tchèque, ou la Pologne. Paul Burgess et Mickey Simmonds qui souhaitent passer plus de temps auprès de leurs enfants laissent leur place à Dave Stewart et Foss Patterson. Pour son nouvel ouvrage, Latimer va sâinspirer dâune forme de poésie arabe, les « Rajaz ». Chantées dans les anciens temps, il sâagissait dâÅuvres spontanées inspirées par le rythme de marche des chameaux pour aider les voyageurs perdus à retrouver leur chemin. Câest donc à un retour aux sources que nous invite ce magnifique album majestueux et intense en 98. La guitare, toujours impeccable, se fait omniprésente et plus planante que jamais. Cette invitation aux voyages est une réussite et reste lâun des fleurons du groupe ! Le groupe qui nâest plus composé que de Latimer, Clément, Bass et LeBlanc sort un nouvel album en 2002 : « A Nod and a Wink » dans la même veine que son illustre prédécesseur. Il signe également le retour dâune flûte bouleversante au murmures intimistes. Les texte signées de lâépouse de Latimer sont dâautant plus touchants quâils savent se faire plus légers. Après 30 ans de carrière, Camel sâest fait lâorfèvre de mélodies fragiles et déchirantes. Sans réinventer le genre, il parvient à lui insuffler une poésie délicate dans des harmonies ciselées. Et voici le quatuor reparti pour leur ultime tournée. Andy Latimer a en effet décidé de raccrocher côté scène pour se concentrer uniquement sur le travail en studio. Une promesse déjà faite en 98⦠mais le chameau est un animal tenace. Quâon se le dise ! Cyrille Delanlssays
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